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Robert Bibeau

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Mai 2007

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Document fait avec Nvu

autoroute pédagogique


Les technologies de l'information et des communications (TIC) offrent des outils de travail puissants qui peuvent nous aider à réformer l'éducation...si et seulement si...


Colloque Poitiers (France) 1996

Réformer l'éducation à l'aide des inforoutes, est-ce possible ?

Les technologies de l'information et des communications (TIC) offrent des outils de travail puissants qui peuvent nous aider à réformer l'éducation, l'enseignement et les apprentissages. N'oublions pas cependant que d'après une enquête de 1995, 60 % de la population identifie la technologie comme sa première phobie... c'est dire que la partie n'est pas gagnée d'avance.

Hier, dans les colloques on discutait de l'intégration du micro-ordinateur en classe; aujourd'hui, on y discute d'insertion de "l'autoroute pédagogique" au collège et à l'école. Ces grands projets de société ont pour noms : UBI, SIRIUS, INTERNET. Que l'on discoure de l'intégration de l'ordinateur en classe ou de l'implantation de l'autoroute électronique à l'école, dans les deux cas le véritable problème n'est pas d'intégrer ces technologies à l'école ou à la classe, mais de réformer et de moderniser la pédagogie à l'aide de ces technologies, afin que le système éducatif réponde mieux aux besoins de formation.


Il nous faut par ailleurs savoir ce que sont ces "inforoutes". Si nous avons les moyens de nous payer ces infrastructures et ces technologies ou si nous avons les moyens de nous en passer. Quelles en sont les conditions d'intégration en pédagogie et comment nous pourrons réformer et moderniser l'enseignement à l'aide de ces technologies.



Bilan de quinze années d'application pédagogique de l'ordinateur (APO) au Québec.

Établissons d'abord le bilan de ces quinze années d'effort pour intégrer l'ordinateur en éducation. Le leadership de l'État a été timoré et inconsistant. Vous avez tous été témoin de ces grandes déclarations de principes suivis de moratoires. Les investissements publics ont été importants mais insuffisants. Le ministère de l'Éducation devait investir 250 M$ en trois ans, il n'aura investi que 170 M$ en dix ans. Le partenariat ministère-commission scolaire-entreprise n'a pas été conséquent. Le milieu de l'éducation ne sait pas encore comment collaborer efficacement avec des partenaires privés en respectant leur culture d'entreprise tout en leur faisant respecter ses objectifs et ses prérogatives. La planification stratégique a fait défaut et la mobilisation des éducateurs a été un demi-échec.

Néanmoins, de très beaux projets pédagogiques ont été réalisés à l'aide d'ordinateurs et de modems, mais l'impact de ces expériences est marginal. À peine 18 % des enseignants au secondaire utilisent l'ordinateur avec leurs élèves. Moins de 1 % des éducateurs mènent des projets de télématique pédagogique avec leurs élèves. Après quinze années d'efforts, certains concluent à l'échec de l'ordinateur en éducation et comparent cette expérience à l'échec de l'audiovisuel. Nous entendions déjà ces sentences il y a quinze ans. Pourtant, l'audiovisuel n'a pas été un échec, c'est plutôt qu'il est arrivé trop tôt dans les collèges et les écoles, au moment où la technologie n'était pas au point. Aujourd'hui, l'audiovisuel entre à nouveau à l'école grâce au magnétoscope et on en parle si peu que ce doit être l'indice d'une grande banalisation.


L'ordinateur en éducation n'a pas été un échec puisque son utilisation n'a pas encore véritablement débuté sur une base régulière et étendue. L'ordinateur a probablement, lui aussi, été introduit trop tôt à l'école, au moment où la technologie était encore balbutiante et non conviviale, par la faute de précurseurs bien intentionnés qui ont droit à toute notre gratitude.

Ces technologies nouvelles sont nécessaires si nous voulons équiper nos étudiants des savoirs et des compétences dont ils auront besoin pour gagner leur vie dans la nouvelle économie. Trouver et interroger la banque de données appropriée, en extraire l'information utile, la traiter adéquatement, en tirer des conclusions pertinentes, présenter ces résultats dans un français correct, voilà les compétences requises par la nouvelle économie. Ces technologies et ces inforoutes seront les outils du savoir et des apprentissages de demain. C'est pourquoi les pédagogues doivent d'abord se les approprier, puis enseigner aux étudiants à les manipuler et à les utiliser efficacement comme outil de travail quotidien.



Moderniser l'enseignement


Il faut redoubler d'efforts pour présenter ces technologies comme inéluctables et comme les compagnons de route du progrès et de la croissance économique. D'abord, parce que c'est rigoureusement exact; ensuite, parce que c'est une façon de culpabiliser ceux qui ont les ressources et le pouvoir mais qui ignorent ces choses, ou alors quand ils en parlent ils donnent l'impression de ne pas comprendre l'urgence des changements qui s'imposent en éducation.


L'utilisation des TIC et l'accès à l'autoroute de l'information à l'école, au cégep et à l'université chaque jour, pour tous, partout et pour tout, sont des impératifs économiques et doivent devenir des objectifs pédagogiques et sociaux. Tous sont concernés, particulièrement les enseignantes et les enseignants qui n'assistent pas aux colloques et aux congrès sur les technologies en éducation. Il nous faut apprendre à mobiliser nos collègues.




La société de l'information du XXe siècle et l'école du XIXe siècle


On trouve un ordinateur dans plus de 30 % des foyers au Canada. La quasi-totalité des foyers a au moins un téléphone et un téléviseur. Près des trois quarts des foyers sont abonnés au câble et la moitié des foyers a accès à une console de jeu vidéo. Toutes les grandes entreprises sont informatisées ainsi que toutes les municipalités de plus de 10 000 habitants. On dénombre 250 000 antennes paraboliques installées à proximité des résidences canadiennes. Des milliers d'individus sont maintenant équipés d'un téléphone cellulaire. Les technologies de l'information et de la communication sont partout dans notre société.


Partout...sauf à l'école. On dénombre 55 000 ordinateurs dans les 2700 écoles du Québec (1995) dont la moitié sont tout à fait obsolètes. On note un ratio d'un ordinateur pour 21 élèves (1/21), ce qui place le Québec en dernière position parmi les provinces canadiennes. À peine un quart des écoles sont branchées au réseau télématique et pendant qu'il se dépense des centaines de millions de dollars chaque année pour le transport scolaire, l'achat de manuels et de cahiers d'exercices, les budgets pour l'achat d'ordinateurs et de logiciels éducatifs sont à peine de deux millions de dollars pour l'ensemble du réseau des écoles primaires et secondaires, soit 2 $ par élève, par année.



La nouvelle économie


Dans la nouvelle économie, l'information et le savoir constituent la plus importante richesse collective. De nouveaux emplois sont créés dans de nouveaux secteurs industriels, exigeant de nouvelles compétences et une nouvelle formation. Les économies avancées ne sont plus fondées sur la transformation de matières premières et la production de biens industriels mais sur l'échange. Depuis 1965 dans les pays occidentaux, la production a triplé alors que l'échange de biens et de services a quadruplé. La productivité du travail manuel a été multipliée par 50 et celle du travail intellectuel et de bureau par 10 seulement. Les pays qui réussiront à accroître rapidement l'efficacité de leur main-d'oeuvre administrative et de bureau prendront un essor important. Les travailleurs du savoir prennent aujourd'hui la place des travailleurs industriels. Comme l'école québécoise n'est pas adaptée à cette nouvelle réalité, nous connaissons des pénuries de main d'oeuvre dans certains secteurs et de très fort taux de chômage dans d'autres secteurs.


Nous ne pourrons concurrencer les nouveaux tigres économiques du sud-est asiatique sur le terrain de la production industrielle. Nous pourrons les concurrencer sur le terrain des inforoutes et des nouvelles technologies. Le Japon n'a qu'une seule richesse naturelle, sa main-d'oeuvre qualifiée. C'est un exemple à suivre pour un pays industrialisé comme le nôtre.

Less exigences de la nouvelle économie fondée sur le savoir requièrent une réforme de l'école. D'une école industrielle où le maître était le "travailleur", l'élève le "produit" et le manuel scolaire l'outil d'apprentissage, il nous faut passer à l'école post-industrielle où le maître est le guide et l'animateur, l'élève le "travailleur" et les technologies de l'information et de la communication les instruments de travail intellectuel et les outils d'apprentissage, les nouveaux "partenaires intellectuels" de l'élève.




Le mythe technocentriste

Vous avez dit "autoroute pédagogique"? Il n'y aura pas d'autoroute pédagogique. C'est une vision technocentriste de la réalité. Une vision qui privilégie la technologie au détriment de la pédagogie. Une vision qui répand l'illusion que la technologie, par elle-même, peut être pédagogique, bureautique ou industriel.

Ce mythe technocentriste procède en deux actes. Premier acte : la technologie est présentée comme magique et toute puissante. On suggère qu'elle peut, par elle-même, transformer la réalité de nos écoles et de notre enseignement. Deuxième acte : on prétend que pour que cette technologie toute puissante joue pleinement son rôle, il vous faut choisir la meilleure technologie pédagogique. Il n'y a plus alors d'usages pédagogiques de la technologie, il y a les technologies pédagogiques et les autres technologies non pédagogiques.




"Notre maître le passé"

Voyons cette mystification à l'oeuvre. Premier exemple: le langage Logo était pédagogique et le langage Basic ne l'était pas nous disait-on en 1983. On entretenait alors l'idée que la pédagogie était dans le code informatique.

Qui parle encore de LOGO aujourd'hui? Où sont nos grands prêtres de la Logomachie qui nous promettaient monts et merveilles grâce au langage Logo? Si tout cela était vrai, pourquoi ont-ils disparu en même temps que cette mode éphémère? J'affirme que Logo est un excellent langage de programmation, qui peut être très utile en pédagogie. Mais ce n'est pas la panacée, tout dépend de la façon qu'un enseignant se l'approprie et l'utilise; tout comme n'importe quel autre instrument didactique d'ailleurs.


Deuxième exemple : Il fallait, selon certains, créer un ordinateur pédagogique plutôt que de se procurer les ordinateurs de bureautique disponibles sur le marché. Autre mythe : la pédagogie était dans l'appareil et dans le processeur. Au moins quatre échecs commerciaux sont issus de ce mythe : le Nanoréseau français, le BBC britannique, le Max de Comterm-Matra québécois et l'ICON ontarien.

Troisième exemple : La guerre fratricide qui a longtemps opposé les "Macintosheux" aux "IBMistes" et qui a empoisonné le monde des APO pendant de si longues années. La pédagogie était dans l'interface et le système d'exploitation croyait-on. Depuis quelque temps, APPLE et IBM nouent des alliances stratégiques et les orphelins des technologies pédagogiques se cherchent de nouveaux gourous et de nouveaux intégrismes.


Aujourd'hui, on voudrait créer l'autoroute pédagogique plutôt que d'utiliser à des fins pédagogiques les infrastructures de télécommunication déjà en place. La pédagogie serait ainsi dans le fil et dans le serveur : un mythe de plus. En fait, le marché éducatif est de bien peu de poids sur ce grand échiquier mondial. Non pas que l'éducation soit sans importance, mais elle ne constitue plus un marché en croissance pour ces grands investisseurs et l'État n'a plus les moyens de faire croître ce marché institutionnel à coup de subsides gouvernementaux.


Les investissements requis pour ces "inforoutes" sont énormes. 230 Milliards $ d'ici l'an 2015 au Japon. Neuf milliards $ d'ici cinq ans pour l'inforoute canadienne SIRIUS. Plusieurs dizaines de milliards de dollars seront investies pour ces "inforoutes" aux États-Unis et en Europe. L'éducation n'a pas les moyens de se payer sa propre autoroute électronique. Chaque raccordement coûte 2 500 $ et je dirais que la société n'a pas les moyens de se payer deux ou trois raccordements par résidence, deux ou trois réseaux par pays (SIRIUS, UBI, INTERNET, ÉDUPAC). Des convergences s'imposent.




Passage étroit

Il n'existe pas "d'autoroute pédagogique" mais de grands consortiums construisent leurs autoroutes électroniques ou circulent beaucoup de données et très peu de pédagogie. Des autoroutes où l'une de nos plus grandes difficultés consiste à transformer ces masses énormes de données en information puis en connaissances en évitant le piège de la boulimie et de l'"info-indigestion". Il faut plus que jamais apprendre aux étudiants à apprendre et les outiller pour une formation continue, un apprentissage à vie.

Mais pourquoi qualifier de "passage étroit" l'ouverture en direction de ces autoroutes aux voies larges et multiples?




C'est que le passage est étroit entre

La lourdeur administrative gouvernementale, la sclérose du système scolaire et collégial et les exigences de la nouvelle économie qui demande une réforme rapide et en profondeur du système d'éducation. Nous avons inventé l'informatique répartie mais nous n'avons pas encore réparti le pouvoir de l'utiliser. Ce pouvoir reste jalousement concentré tout en haut de la pyramide et celui qui sait, tout en bas, ne peut utiliser cette information à laquelle il a accès par les "inforoutes". Dans notre structure scolaire, un enseignant doit surmonter 10 paliers hiéarchiques s'il désire lancer une innovation ou réformer son enseignement.


Les compressions budgétaires gouvernementales et les besoins d'investissements gigantesques dans ces technologies coûteuses mais indispensables. Une étude d'Industrie Canada indique qu'il en coûterait 14 milliards $ sur trois ans pour rendre les nouvelles technologies disponibles dans chacune des classes du Canada. Ce sont des sommes considérables, mais les TIC ne coûtent-elles pas moins cher que l'ignorance et le décrochage?

Le taux de décrochage est de 35 % au secondaire et de 40 % au collégial. On constate un taux de chômage deux fois plus élevé chez les jeunes décrocheurs. On dénombre 900 000 analphabètes au Québec. Le taux d'illettrisme fonctionnel est de 26 % chez les jeunes entre 16 et 24 ans. Il est de 16 % dans la population en général. Près de 44 % de la population adulte n'a pas de diplôme d'études secondaires. En l'an 2000, la majorité des emplois exigeront une formation post secondaire. Pas surprenant que le taux de détresse psychologique se soit accru de 35 % en 10 ans et que le taux de suicide chez les jeunes québécois batte tous les records mondiaux. Quel est le coût de ce chômage, de cet illettrisme et de cette détresse chez nos jeunes?


La frustration des élèves, des parents et de la communauté insatisfaite de la performance de l'école et du collège et la frustration des enseignants vis-à-vis la communauté qui ne semble pas comprendre la réalité de l'éducation. On demande beaucoup trop à l'école et si elle tente de tout faire, dans tous les domaines, elle risque de ne rien faire. Peut-être faudrait-il demander à l'école de performer dans ses domaines de compétences et laisser à d'autres certaines tâches d'insertion sociale et communautaire.


Les tentatives de nous faire payer la facture des inforoutes comme consommateur et comme contribuable, c'est probablement ce que l'on appelle la double facturation, et notre volonté d'en obtenir pour notre argent dans cette cour des miracles technologiques.


Les grands intérêts économiques et commerciaux qui mènent la guerre des ondes et des inforoutes pour s'emparer de marchés lucratifs et les besoins des jeunes et de la population d'accéder à ces ressources pour tous, pour tout et partout et particulièrement en régions éloignées. Il y a là une question d'équité et nous ne devrions pas accepter cette nouvelle segmentation sociale entre "inforiches" et "infopauvres".

L'accès à des quantités énormes de données et la difficulté de transformer ces données en informations et en connaissances. Avons-nous formé les formateurs qui doivent relever ce défi? Il serait sage de ne pas confondre données et information, information et savoir. Pour que l'information se transforme en savoir, elle doit passer par un processus d'organisation, d'intégration et de mise en relation culturelle. C'est là une mission fondamentale de l'école.



Le futur a un certain avenir


L'autoroute électronique est déjà là, partout dans la société, sauf à l'école et au collège, et la vrai question est de savoir comment nous allons nous y prendre pour l'introduire à l'école et pour réformer l'éducation à l'aide de ces technologies.

Pou
r faire des TIC un outil de travail intellectuel quotidien, pleinement intégré à l'activité des écoles et des collèges, il nous faut comprendre les enjeux technologiques, financiers, économiques, politiques, sociaux et éducatifs de cette grande bataille mondiale qui s'amorce pour le contrôle des inforoutes. Il n'y a pas l'éducation d'un côté, l'économie, l'industrie, la finance et la politique de l'autre. Tout est interrelié dans ce monde global où le concurrent de l'entreprise d'ici réside de l'autre côté de la planète en Asie ou en Europe. C'est ce que l'on nomme
l'effet Butterfly.



L'inforoute, mythe et réalité

L'
inforoute est une autoroute où la vitesse n'est pas limitée, au contraire, elle est recommandée. C'est une autoroute célèbre et "tordue", mais qui possiblement nous conduira loin de notre déclin.


L'autoroute de l'information ou "inforoute" est un ensemble de dispositifs techniques, informatiques et humains visant à rendre accessible à tous, en n'importe quel lieu, l'information sous toutes ses formes : données, textes, sons, images, animations, séquences vidéo et applications.

En piste nous retrouvons quatre catégories d'acteurs : 1) des transporteurs et des diffuseurs; compagnies de téléphone, câblodistributeurs, grandes chaînes de télévision et radiodiffuseurs, entreprises de télématique; 2) des développeurs de services et de contenus; groupes de presse et de communication, studios de cinéma et producteurs vidéo, éditeurs de logiciels éducatifs et d'applications multimédias, éditeurs de livres, de manuels et de bandes dessinées, organismes gouvernementaux et musées; 3) des intégrateurs et des manufacturiers; entreprises de logiciels, développeurs multimédia, firmes de services conseils, manufacturiers d'appareils (téléphones, décodeurs et ordinateurs); 4) des clients; foyers, institutions, entreprises, commerces et gouvernements.

Certains de ces acteurs procèdent à une intégration verticale des secteurs (BELL, Vidéotron) et même horizontale (Vidéotron-TVA) afin de s'assurer la meilleure position concurrentielle sur ces marchés en émergence.


Ces différents acteurs ne sont pas de tailles comparables. Ainsi, les entreprises de téléphonie regroupées dans l'alliance STENTOR ont un actif total de 35 milliards $ alors que les entreprises de câblodistribution ont un actif de 3,5 milliards $ les entreprises de logiciels ont des actifs encore plus modestes.

Ce qui rend l'autoroute de l'information techniquement réalisable est la convergence de deux facteurs : 1) le transport des signaux à haut débit selon un protocole puissant et normé (ATM) par fibre optique ou satellites; 2) la numérisation des signaux qui rend possible l'interconnexion du téléphone, du téléviseur et de l'ordinateur. C'est l'ordinateur qui fournit l'intelligence et l'interactivité à ce nouvel ensemble intégré. La convergence des quatre secteurs industriels (téléphonie, câblodistribution, informatique et radio-télédiffusion) devrait rendre ces développements technologiques financièrement réalisables. Le débat qui a cours sur la déréglementation dans cette industrie a son importance car il déterminera si nous devrons payer, à titre de client et de contribuable, pour un ou pour plusieurs réseaux, pour une ou pour plusieurs "inforoutes". À l'heure présente il n'est pas souhaitable que deux ou trois branchements relient chacune de nos résidences, chacun de nos établissements scolaires à deux ou trois autoroutes électroniques. Le coût en serait prohibitif et retarderait l'implantation universelle des services.



La pédagogie sur "l'inforoute"

Il y a quatre grandes catégories de facteurs qui Iinfluencent la réussite d'un projet de télématique pédagogique sur ces "inforoutes". Ces constatations ont été faites par Bernard Mataigne et présentées dans un article de la revue Le Bus du mois d'avril 1995. Ce sont:

L'identification des objectifs et du contenu pédagogique de l'expérimentation. Les objectifs et le contenu doivent être clairement définis et congrus avec les programmes d'études; d'une bonne ampleur, sans être trop ambitieux. Enfin, l'expérience doit mettre l'accent sur l'échange de données, de documents, d'expériences et d'information et favoriser le travail collaboratif.

Les aspects affectifs. Le réalisme dans les objectifs et les échanges est de mise. Il faut tenir compte du temps requis par une communication souvent asynchrone entre deux groupes différenciés. L'échange doit être réciproque, chacun doit avoir sa part d'initiative. Il est revalorisant pour l'étudiant de savoir que son travail sera lu par un groupe important de lecteurs. Enfin, la coopération entre internautes est de nature à favoriser la réalisation d'un travail de qualité. La technologie médiatise l'échange et la facilite.


L'organisation. Un encadrement adéquat doit être assuré tout au long du projet. L'éducateur doit assurer l'animation constante de l'interaction sur le réseau. La densité des échanges doit être maintenue sans être exagérée. Un projet télématique sans animateur est voué à une lente léthargie. Une relève d'urgence doit être prévue. Enfin, la planification financière doit être complète, rigoureuse et réaliste.

Les aspects techniques. Il faut prévoir une période d'implantation et de formation technique des internautes, sans négliger les opérations de support et de mise à jour régulière. Mais il ne faut pas se laisser submerger par ces considérations techniques car il ne faut jamais oublier que l'intégration des technologies de l'information et des communications en éducation pose plus de problèmes anthropiques que de problèmes techniques.






BIBLIOGRAPHIE

 

BIBEAU, Robert et Johanne Guidotti. "L'école informatisée Clés en main Projet de recherche-action". Comité d'orientation québécois, Montréal, 1995, 41 p.

 BIBEAU, Robert. "Les inforoutes, quelques questions non résolues". La page-écran, vol. 7, no 1, hiver 1995, p. 14-16.

 CONSEIL DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE. "Miser sur le savoir, rapport de conjoncture 1994 no 2". Les nouvelles technologies de l'information, Québec, 1994.

 CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION. "Rapport annuel 1993-1994 sur l'état et les besoins de l'éducation, Les nouvelles technologies de l'information et de la communication : des engagements pressants". Les publications du Québec, Québec, 1994.

 FOURNIER, Luc et Kim MacKinnon. "Les possibilités éducatives de l'autoroute de l'information au Canada : utilisation et instauration des technologies de l'information et communications en éducation". Direction du Développement des communications, Industrie Canada, octobre 1994, p. 59.

 INDUSTRIE CANADA. "L'autoroute canadienne de l'information, Une nouvelle infrastructure de l'information et des communications au Canada". C2-229/1994F.

 INTERFACE. "L'autoroute électronique rêves et réalité". vol. quinze, no cinq, septembre-octobre 1994.

 MATAIGNE, Bernard. "Les projets de télématique scolaire au Québec. Un portrait synthèse au 13 juillet 1994". Le Bus, vol. 12, no 4, mars 1995, p. 12-14.

 MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION DE L'ONTARIO. "Pour l'amour d'apprendre". ch. IV, 1994. p. 5-36.

 LACROIX, Jean-Guy et al. "De la télématique aux autoroutes électroniques Le grand projet reconduit". Presses de L'Université du Québec, Québec, 1994.

 PUIMATTO, Gérard. "Multimédia, enseignement, formation et téléformation". Centre national de documentation pédagogique et les Publications du Québec. Paris, 1995, 150 p.     





 


Les outils d'assistance à la composition : Caractéristiques attendues

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Bibliographie
BIBEAU, Robert, (1995), Aides à l'écriture : principes directeurs d'une politique ministérielle, Montréal, Éditions Logiques, pp. 65-77.

BIBEAU, Robert; DUFORT, Jean-Guy; DUFOUR, Christiane, (1990), Le laboratoire d'écriture et sa boîte à outils : Bilan du projet d'expérimentation, Montréal, Le Bus,vol. 8 no 1 p. 91-95.

BIBEAU, Robert; DUFORT, Jean-Guy, (1989), L'atelier d'écriture et sa boîte à outils, Montréal Le Bus, vol. 7, no 1, p. 10-13.

BIBEAU, Robert, (1987), Le laboratoire d'écriture et sa boîte à outils, Montréal, Vie Pédagogique, no 51, novembre 1987, p. 43-48.

DÉSILETS, Mario, (1998) Que penser de l'utilisation des logiciels correcteurs à l'école? Montréal, Vie pédagogique, no 107, avril-mai 1998, p. 9-12.

DUFOUR, Christiane; DUFORT, Jean-Guy; BIBEAU, Robert, (1990), Une première évaluation de logiciels pour un atelier d'écriture sur appareils MS-DOS, Montréal, Direction des ressources didactiques, MEQ, DRD-90-0008, février 1990, 32 p.

LANDREVILLE, Ginette, (1995), Traitement de texte et apprentissage de l'écriture: ce que dit la recherche, in Aides informatisées à l'écriture, Montréal, Logiques.

QUÉRÉ, Yves, et collaborateurs, (1997), Lecture, informatique et nouveaux médias, Paris, Observatoire National de la lecture,MENRT, 27 pages.

 

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